DES VACANCES SPORTIVES À VÉLO DANS NOTRE PAYS

Des vacances à vélo un été où règne le Coronavirus, comment concilier ces deux concepts ? Pour beaucoup de gens, cet été a été synonyme de vacances dans leur propre pays, et cela nous a donné l'idée de découvrir la Belgique (et une partie des Pays-Bas) à vélo pendant 8 jours. Ce fut une expérience fantastique, et j'aimerais la partager avec vous !

Nous sommes début juin 2020, le moment où nous avons commencé à planifier nos vacances d'été. Comme nous aimons tous les trois faire du vélo, nous avons décidé de joindre l'utile à l'agréable. Il nous est venu à l'idée de faire un vrai Tour de Belgique. Trois cyclistes, et deux partenaires qui ont voulu se joindre à nous. Une vraie aubaine, car ça nous a permis dès lors de ne pas avoir à nous soucier de la logistique. Nous avons pédalé du point A au point B, et les dames ont fait le même trajet en voiture. 
 
La préparation ne s'est pas déroulée sans heurts. Quelques semaines avant notre départ, la fameuse règle de la « bulle de 5 » a été annoncée. À un cycliste près, notre voyage serait carrément tombé à l'eau. Mais un peu de chance ne fait pas de tort en cette période difficile, et nous avons donc pu préparer nos étapes. Nos vacances s'étalaient sur 9 jours, dont 8 jours de vélo et 1 jour de repos, que nous avions prévu à la côte. Pendant des semaines, nous avons espéré rester au sec pendant notre voyage, et tout compte fait, nous n'avons pas vu beaucoup de pluie. Hourra ! Au contraire, une vague de chaleur a été annoncée quelques jours avant le départ. Mieux que la pluie, mais aussi loin d'être idéal pour le vélo. Heureusement, les dames ont pris soin de nous fournir des boissons fraîches à certains points, un cadeau du ciel ! Nous leur devons également la plupart des photos de cet article, mille fois merci !

Les itinéraires ci-dessous, nous les avons tous tracés nous-mêmes avec Komoot. C'était la première fois que nous utilisions cette application, donc pas étonnant que nous ayons eu quelques problèmes de réglage pour nos itinéraires. Il y avait parfois de longs tronçons le long des routes principales, mais en raison d'un manque de connaissance de la région, nous n'avions pas d'alternative. Dans l'ensemble, nous pouvons dire après coup que l'itinéraire était assez agréable. Des escalades pas piquées des hannetons dans les Ardennes wallonnes et flamandes, des sentiers plats et tranquilles le long de la côte... Et un petit détour par les Pays-Bas. Ici aussi, nous avons dû nous assurer qu'il n'y avait pas de souci par rapport au Coronavirus, mais notre arrivée ne s'est pas avérée être un problème. Nous étions donc prêts pour le départ !

ÉTAPE 1 : AARSCHOT - LIÈGE

title1
Aarschot-Liège

La première étape nous a menés d'Aarschot, mon port d'attache, à la « Cité Ardente ». Liège donc. Une première étape vers le sud, avec - heureusement - un léger vent de dos. En effet, nous sommes partis juste au début de la première vague de chaleur de cet été, donc il faisait une chaleur atroce. Heureusement, jusqu'à Saint-Trond, le parcours était assez plat, mais à partir de là, le reste de la première étape a été en montée, avec au final plus de 700 mètres d'ascension. Bien assez pour le premier jour. En apothéose de cette première étape, nous avons grimpé la fameuse Côte de Saint-Nicolas, vous savez, cette montée qui brûle les jambes des coureurs dans la finale de Liège-Bastogne-Liège.

Une fois le sommet péniblement atteint, nous savions que la première journée était bel et bien terminée, et qu'il n'y avait plus qu'à descendre en roue libre à notre premier gîte, qui donnait sur Sclessin, le stade - de nos jours hélas plus - bouillonnant du Standard de Liège. Et cette arrivée était la bienvenue, car la chaleur - 35 à 37 degrés - était vraiment épuisante. Maintenant, il fallait surtout bien s'hydrater et refaire ses réserves de sel afin d'arriver frais et dispos au départ le lendemain.

ÉTAPE 2 : LIÈGE - NAMUR

title2
Liège-Namur

Le lendemain matin, nous sommes partis très tôt, car on annonçait à nouveau une température de 37 degrés. Avec en plus l'étape la plus dure, du moins sur papier, ça promettait du sang, des larmes et de la sueur. Mais ça devait être une de nos plus belles étapes. Heureusement, nous étions souvent à l'abri dans les bois, où il faisait environ 5 à 10 degrés de moins, toujours ça ! L'étape fut dure, mais c'est nous qui l'avions conçue ainsi. Nous avons commencé par un petit détour, car sur la carte nous avions déjà vu un autre exécuteur des hautes œuvres de Liège-Bastogne-Liège. La tristement célèbre Roche aux Faucons. Un bon échauffement avant de mettre le cap sur Namur.

Mais là non plus, pas beaucoup de tronçons plats à se mettre sous la pédale. 1000 mètres d'ascension sur 85 kilomètres, c'est clair que ce ne fut pas une « promenade dans le parc ». Huy se trouvant sur notre itinéraire, nous ne pouvions naturellement pas ignorer le fameux Mur. Heureusement, nous l'avons descendu, donc pas de mal aux jambes, mais aux mains à force de freiner tout le temps. Tout comme la veille, il y avait un beau dessert au menu de la finale de l'étape. La magnifique Citadelle de Namur cette fois. Des petits pavés, heureusement plus praticables que les vrais pavés qui nous attendaient encore. Après 5 km, nous avons pu également cocher cette étape. Une étape dure, mais sans aucun doute une des plus belles. 

ÉTAPE 3 : NAMUR - MONS

Namen-Bergen
Namen-Bergen

La 3e étape nous a également fait traverser la Wallonie, vers l'ouest cette fois, avec comme destination finale Mons, une ville connue pour ses activités culturelles. Si vous avez l'expérience du cyclisme au sud de la frontière linguistique, vous savez bien sûr que vous n'y trouverez pas beaucoup de kilomètres plats. Malheureusement, cette étape nous a un peu déçus. Les routes souvent très fréquentées - et de plus sans piste cyclable - ont fait que cette étape ne nous a pas laissé une très bonne impression en termes de sécurité. Monter et descendre constamment une route interminable, constamment dépassés par des voitures, ce n'est pas le cadre le plus folichon pour une balade à vélo. Tout cela était de notre faute bien sûr, puisque c'est nous qui avions fixé le tracé. Une leçon pour la prochaine fois (car je pense bien qu'il y en aura une :-) ). 

De plus, notre itinéraire serpentait également autour des centres-villes de Charleroi et de La Louvière. Pas tout à fait au centre, mais nous n'avions pas connu cette intensité de trafic lors des étapes précédentes. Tout cela a quelque peu tempéré le plaisir de pédaler des derniers jours. Heureusement pas pour longtemps, car les 10 à 20 derniers kilomètres suivaient un « Ravel », ce qui était tout de même un peu plus agréable. Agréable, le temps ne l'était toujours pas, mais nous avons souvent fait la comparaison avec une semaine de pluie, et là bien sûr le choix était vite fait. La troisième étape était ainsi achevée, à oublier plutôt vite. Nos jambes ne pouvaient hélas pas en dire autant, car ce parcours-ci comptait également plus de 700 mètres d'ascension. Plus aucun de nos membres n'était encore vraiment frais...

ÉTAPE 4 : MONS - AUDENAERDE

Bergen-Oudenaarde
Mons-Oudenaarde

Le quatrième jour était peut-être bien celui que nous attendions le plus. C'était sans conteste l'étape reine de notre périple. Après être passés par hasard près de l'entrée de Pairi Daiza, nous nous sommes orientés vers le nord et avons ainsi petit à petit dit adieu à la Wallonie. Le moment était venu de plonger dans les Ardennes flamandes ! Et même si Grammont n'était pas sur le chemin le plus direct vers notre arrivée, nous ne pouvions pas l'ignorer et la contourner, que ce soit par la gauche ou (dans ce cas-ci) par la droite. Le Mur était la première des 5 ascensions de la finale du Tour des Flandres que nous avions prévues pour aujourd'hui. Venaient ensuite le Taaienberg, le Vieux Quaremont, le Paterberg et enfin notre gîte, qui n'était qu'à quelques centaines de mètres du sommet du Koppenberg. Quelle finale !

J'avais déjà fait toutes ces ascensions auparavant, mais à cause des circonstances, je n'avais jamais pu aller jusqu'au sommet du Koppenberg. Malgré une petite averse un peu auparavant, les pavés étaient heureusement déjà secs et du coup nettement plus « confortables ». Et, hé oui, quelque 1000 mètres d'ascension plus loin, nous nous retrouvions tous trois euphoriques au sommet du Koppenberg. Personne n'avait eu de panne, et tout le monde avait pu rouler jusqu'au sommet, fantastique ! L'étape que nous attendions tant avait répondu à toutes les attentes. Sachant que cette étape avait été la dernière épreuve sérieuse de notre périple, nous avons pu le soir déguster quelques bières de Quaremont, par ailleurs délicieuses !

ÉTAPE 5 : AUDENAERDE - WESTENDE

Oudenaarde-Westende
Oudenaarde-Westende

Le lendemain de notre chevauchée fantastique à travers les Ardennes flamandes, il y avait encore un petit dessert au menu. Avec le Tiegemberg, il y a encore eu une (petite) suite aux ascensions d'hier, mais après cela, les altimètres n'ont plus eu grand-chose à faire. Nous avons alors poursuivi notre voyage vers la côte, un moment que nous attendions également avec impatience. Demain, nous allions pouvoir profiter d'un jour de repos bienvenu, mais de plus, les températures en bord de mer étaient nettement plus agréables. Westende serait notre port d'attache pour les deux prochains jours. Et qui dit pédaler sur la côte dit pédaler avec une forte brise de mer. Heureusement, elle ne soufflait jamais en notre défaveur. 

Ce qui rend chouette de faire du vélo près de la mer, ce sont les pistes souvent en parfait état. L'asphalte lisse et impeccable, nous n'en avions pas fait l'expérience très souvent cette semaine (bien qu'il y ait de très bonnes routes cyclables au sud de la frontière linguistique aussi, bien sûr). Avec plus de 90 kilomètres, cette étape était la plus longue de notre voyage, mais en termes de difficulté, elle n'était pas comparable à ce qui nous avait été présenté ces derniers jours. Fatigués (par l'enchaînement d'étapes) mais heureux, nous sommes arrivés à la plage, où un plongeon rafraîchissant dans l'eau salée a été notre récompense méritée. La journée de repos a été principalement mise à profit pour se détendre, se promener et se rafraîchir de temps en temps dans la mer.

ÉTAPE 6 : WESTENDE - BRESKENS (NL)

Westende-Breskens
Westende-Breskens

Pour l'étape longeant la côte, nous avons reçu l'aide de deux paires de pédales supplémentaires. L'une avec le vélo de course, l'autre avec un vélo de ville (électrique). L'étape nous a menés via l'aéroport d'Ostende et via Bruges jusqu'à la frontière néerlandaise. Frontière que nous allions d'ailleurs traverser, car nous avions prévu une petite visite à nos voisins du nord. Cependant, nous sommes restés moins de 24 heures en tout sur le territoire néerlandais, ce qui est tout à fait conforme aux directives Coronavirus.

Le profil de l'itinéraire était plat (bien entendu), et avec nos compagnons d'aujourd'hui, le rythme était un peu plus lent que les jours précédents. Ceci, combiné à une brise de mer modérée dans le dos, a fait de la 7e étape la plus « facile » de toutes. Mais cela n'était pas plus mal, avec nos muscles encore tout raides des efforts de la semaine dernière. La qualité de la route était particulièrement bonne, peu de tronçons avec un trafic plus intense ou une couche d'asphalte en mauvais état. Bref, ce qu'on peut attendre d'une balade le long de la côte. Lorsque l'on franchit la frontière avec les Pays-Bas, on remarque que les routes y sont encore beaucoup plus adaptées au vélo. C'était d'ailleurs la raison de notre petit détour. Rouler en douceur jusqu'à notre chalet à Breskens. L'averse des dix derniers kilomètres ? Bof, elle a fait du bien, surtout après une semaine à 35 degrés...

ÉTAPE 7 : BRESKENS - KALMTHOUT

Breskens-Kalmthout
Breskens-Kalmthout

Nous avons pris le ferry Westerschelde à Breskens, qui nous - à nouveau à trois - a amenés de l'autre côté jusqu'à Flessingue. Et nous voilà repartis pour la 7e étape, en direction de notre petit pays familier. L'itinéraire était orienté est/sud-est et pour la première fois, nous avions le vent de face plutôt que de dos. Dommage, mais après 6 étapes avec un vent favorable, il n'y avait bien sûr absolument aucune raison de se plaindre. Les routes étaient encore d'excellente qualité, et les jambes pouvaient également pédaler à un rythme légèrement plus élevé aujourd'hui.

Après une étape d'encore une fois près de 90 kilomètres, nous revoici en Belgique. À Kalmthout, connue pour sa lande très jolie, - mais également dangereuse à cause de la chaleur. C'était la première fois que nous arrivions dans la province d'Anvers, ce qui a entraîné des mesures un peu plus strictes concernant les masques buccaux. Heureusement, pas en faisant du vélo, mais avant et après. En fait, nous avions toujours un masque buccal sur nous, on ne sait jamais. Nous sommes arrivés à Kalmthout fatigués, mais aussi motivés. Au programme de demain figurait la dernière étape, et ce n'était pas plus mal. Malgré le fait que nous soyons des cyclistes assez bien entraînés, la succession des jours est physiquement, mais aussi mentalement fatigante. Se lever, se préparer et partir, jour après jour, c'est épuisant. Mon postérieur m'était également reconnaissant que la dernière étape se profile à l'horizon.

ÉTAPE 8 : KALMTHOUT - AARSCHOT

Kalmthout-Aarschot
Kalmthout-Aarschot

Enfin. 8e étape, retour à la maison ! Avec ses 60 kilomètres, c'était l'étape la plus courte, mais il faut bien dire que personne ne le regrettait. Cela commençait à bien faire, notre voyage ne devait vraiment pas durer plus longtemps. Arriver une dernière fois au petit déjeuner en tenue de cycliste, c'était comme une « délivrance ». Non pas que nous ayons soudainement perdu le goût du vélo, bien sûr, mais si vous avez fait du vélo tous les jours pendant plus d'une semaine, je suis sûr que vous savez de quoi je parle.

L'étape a donc été courte, et pas trop difficile. En fait le chemin le plus court pour rentrer chez nous. Nous avons traversé de beaux quartiers, notamment à Brasschaat, et nous sommes arrivés - pour moi du moins - en terrain de plus en plus connu. La route - et le vent - nous ont menés à Grobbendonk en longeant le canal. Via Herenthout et Wiekevorst, nous avons alors pris l'ancienne ligne de tramway à Heultje. Itinéraire d'entraînement connu pour moi-même. Les 10 derniers kilomètres ont été pur plaisir, souvenirs et regard sur un voyage fantastique ! Et tout cela sans une seule crevaison, chute ou autre pépin. Que vouloir de plus ?

NOTRE TOUR DE BELGIQUE EN CHIFFRES

- 8 étapes
- 654 kilomètres
- 3.977 mètres d'ascension
- 0 crevaison
- 0 chute
- 600 à 700 euros par personne (8 nuitées + repas et boissons)

 
Pour moi, ce voyage à vélo est une expérience inoubliable. Nous avions un peu peur au début, surtout parce que c'était la première fois et que la vague de chaleur a sérieusement affecté nos attentes. Je peux recommander à chacun d'organiser une telle randonnée. C'est une très bonne alternative pour les amateurs de vélo de passer leurs vacances dans leur propre pays. Car aussi beau que ce soit à l'étranger, il ne faut pas oublier que notre propre Belgique a aussi beaucoup à offrir !

Y aura-t-il une deuxième édition de notre tour cycliste l'année prochaine ? En ce qui me concerne, oui. À nouveau en Belgique ? Je pense qu'il y a encore beaucoup de régions que nous avons ignorées cette fois-ci (je pense notamment à la province de Luxembourg qui est également magnifique). Mais pour les prochains mois, on s'en tiendra pour l'instant à des excursions à vélo d'une journée :-).

Tom Stouthuysen

TOM STOUTHUYSEN

Équipe Communication Decathlon Belgique

Je m'appelle Tom Stouthuysen et je travaille pour Decathlon Belgique depuis 2013. J'ai commencé comme vendeur au magasin d'Olen, et je travaille depuis quelques années pour l'équipe nationale de communication. Tous ceux qui ont lu notre magazine sont probablement déjà tombés sur un de mes textes, car j'adore écrire.

Mes sports préférés sont le tennis et le cyclisme (bien sûr). Le sport a toujours été une passion pour moi, et je suis très heureux d'avoir pu faire de ma passion mon métier !

Et oh oui, je mesure environ 2 mètres, c'est pourquoi mon vélo a l'air assez petit sous mon corps ;-)

HAUT DE PAGE