PRÉPARER UN MARATHON : CE QU'IL FAUT SAVOIR

42 kilomètres et 195 mètres. Le marathon fascine toujours autant qu’il intimide. En 2012, Raphaël Mathonet, surtout amateur de football jusque-là, a apprivoisé la distance mythique pour la première fois. Depuis, c’est devenu un objectif annuel pour ce 'coureur lambda'. Mais après quoi court-il ? Raphaël nous raconte son histoire autour du marathon.

Raphaël

Un léger surpoids, un pari avec un pote et Raphaël se lance sur un premier marathon, en 2012. « J’avais aussi envie de me lancer un challenge, précise le Liégeois de 38 ans. En 2011, j’avais disputé le semi-marathon de Bruxelles. En voyant les émotions des marathoniens à l’arrivée (NDLR : Le marathon se déroule au même moment que le semi), je me suis dit que j’avais envie de connaître ça un jour. » Sa première expérience sur 42 km, Raphaël la vivra à Rotterdam, où il boucle la distance en un peu plus de 3h30. Il en garde un souvenir précis. « Ce premier marathon reste gravé dans ma mémoire. À l’arrivée, j’étais plus ou moins en forme. Du 33e kilomètre jusqu’à la fin, c’était beaucoup d’émotions. À partir du 39e, ce n’était plus que du positif. J’étais sûr de terminer. Je savais aussi que ma femme et mon frère m’attendaient à l’arrivée. Ça donne de l’énergie ! »

Depuis, les marathons s’enchaînent, à la fréquence d’un par an ou presque. Ils sont toujours sélectionnés avec soin. Lors de ses huit participations, Raphaël a connu des hauts, comme à Rotterdam en 2016 ou à Cologne en 2018 (NDLR: Où il a établi son record personnel en 3h11’24’’), mais aussi un bas. « C’est paradoxal : à Amsterdam en 2013, j’améliore mon chrono de 15 minutes. Mais pour un prix que je ne mettrai plus. Je suis parti trop vite, je ne me suis pas bien hydraté. Les huit derniers kilomètres étaient horribles. J’étais déshydraté, j’ai souffert de crampes. Je me suis fait peur. Depuis, j’ai une autre approche, un peu plus orientée plaisir. »

Un plaisir qu’il prend aussi dans sa préparation. « Je suis quelqu’un de très rigoureux et cartésien. Pour la préparation d’un marathon, c’est une force et un avantage. Pour établir mon plan, je me suis d’abord basé sur les informations disponibles sur internet. Puis avec les conseils de collègues aguerris et mon expérience personnelle, je peux désormais me concocter un plan adapté et personnalisé. »

Raphaël

SON CONSEIL À CELUI QUI VOUDRAIT SE LANCER DANS L’AVENTURE ?

Il est plutôt limpide. « Le maître mot, c’est de respecter son plan d’entraînement, à commencer par les longues sorties. C’est pour moi le plus important, de très loin. Il faut aussi avoir une bonne hygiène de vie, bien se reposer. Mais si on respecte son plan, on peut déjà vivre une très belle journée. » Une alimentation saine et équilibrée est évidemment conseillée pendant les 12 semaines de préparation (et même avant), même si quelques entorses au règlement semblent inévitables... « Personnellement, j’ai toujours du mal le premier mois car la course est encore loin, explique Raphaël. à deux mois de l’échéance, je commence à enlever les graisses saturées, les sucres raffinés. Et je fais un effort particulier dans les trois dernières semaines. Je baisse ma consommation d’alcool et je suis attentif à manger beaucoup de bonnes protéines. »

Raphaël

« CHOISIR UN OBJECTIF RÉALISTE PAR RAPPORT À LA PRÉPA »

Au fur et à mesure, Raphaël a pu acquérir quelques 'ficelles' qui lui permettent d’être plus performant le jour J. Sans détenir la science infuse pour autant. « J’ai reçu une panoplie de conseils, certains ont fonctionné, d’autres pas, sourit le Liégeois. Le jour de la course, les techniques d’alimentation et d’hydratation sont très importantes. Elles permettent d’économiser pas mal d’énergie. Adopter la bonne posture, ne pas trop regarder sa montre... Pour moi ce sont ces petites choses qui petit à petit font gagner des minutes précieuses. » Comme tout marathonien ou presque, celui qui joue toujours au futsal a commis quelques erreurs. Qu’il ne commettra plus. « La première, et j’en reviens à mon expérience d’Amsterdam, c’est de partir trop vite. Il ne faut pas tomber dans l’euphorie si on se sent pousser des ailes. Il faut aussi pouvoir se fixer un objectif réaliste par rapport au déroulement de sa préparation. Je suis désormais capable de le faire. »

Aujourd’hui, ce n’est pas la chasse au chrono qui pousse ce père de famille à poursuivre sa série de marathons. Mais plutôt d’autres aspects de l’épreuve, qui renforcent son caractère iconique. « Je gagnerai peut-être encore quelques secondes ou minutes, mais je ne vise pas la barre symbolique des trois heures, confirme Raphaël. Par contre, visiter la planète en participant à des marathons sympas, ça me botterait bien. J’ai reçu un livre de mon frère qui compile les marathons les plus originaux dans le monde. J’en ai déjà coché quelques-uns (sourire). Je me dis que j’ai encore du temps devant moi. Le futsal, je me vois encore y jouer 5 ou 6 ans. Par contre, je pourrais encore courir pendant 30 ou 40 ans. En termes de projection c’est très sympa. »

Le dépassement de soi qui refait surface sur chaque ligne de départ, inéluctablement, c’est aussi ce qui fait courir Raphaël. « Tant qu’il est là, je continuerai, conclut-il. Le marathon reste une épreuve magique dans le sens de son imprévisibilité, qui contraste avec le côté rigoureux de la préparation. J’aime aussi l’humilité qu’il faut garder par rapport à cette épreuve. Sur semi-marathon, chacun peut dire à une minute près le temps qu’il vise. Sur marathon, c’est beaucoup plus incertain. » Le marathon, ça reste un mythe.

TENDANCES

Sous les deux heures
Le 12 octobre dernier, le Kenyan Eliud Kipchoge devenait le premier homme à passer sous la barre des deux heures sur marathon, lors du Ineos 1:59 Challenge, organisé à Vienne. Reste que ce record d’1h59’40’’ n’a pas été homologué vu le caractère artificiel de l’événement. Le record du monde, officiel celui-là, appartient aussi à Kipchoge. Il l’a établi le 16 septembre 2018 à Berlin, en 2h01’39’’.

 

Records insolites
Si Eliud Kipchoge affole les chronos, d’autres records tous plus insolites les uns que les autres sont battus chaque année sur la distance. En 2017 à Hambourg, l’Allemand Felix Mayerhöfer s’est par exemple emparé du record du monde du marathon couru en costume trois pièces. Son temps : 2h42’59’’. Pas mal. Autre record : celui du marathon couru en faisant rebondir une balle de tennis sur une raquette. Il est détenu par l’Australien Alister Kealty en 4h28’52’’.

 

Un continent, un marathon
Courir sept marathons, en sept jours, sur sept continents : bienvenue au « World Marathon Challenge® ». Cette épreuve un peu folle est née en 2015. L’an dernier, 24 hommes et 13 femmes étaient de la partie. L’édition 2020 s’est déroulée du 6 au 12 février de Novolazarevskaya (Antarctique) à Miami (Amérique du Nord), en passant par Cape Town (Afrique), Perth (Océanie), Dubaï (Asie), Madrid (Europe) et Fortaleza (Amérique du Sud). Fameux programme !

 

L’alphabet
L’alphabet des marathons est un concept en vogue parmi les marathoniens les plus motivés. Le principe ? Courir un marathon commençant par chaque lettre de l’alphabet, d’Amsterdam à Zürich. 26 marathons donc, pour découvrir le monde à votre rythme. On vous laisse choisir l’ordre.

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