SPORT ET DOULEURS : BOUGER POUR MIEUX RÉCUPÉRER

Le sport, c’est bon pour la santé ! Mais en cas de douleur, comment gérer ? On vous présente les conseils de notre kiné :

C’est bien connu, le sport est bon pour le corps et pour l’esprit. Mais quand les pépins physiques surviennent, ou quand l’appréhension s’invite suite à une blessure, comment gérer sa pratique sportive ?

Pour en savoir plus, nous sommes allés à la rencontre de Thibaud, Sport Leader chez DECATHLON mais aussi kinésithérapeute et ostéopathe.

Faut-il continuer le sport en cas de douleurs chroniques, comment reprendre l’activité physique après une blessure ? On en discute :

UN KINÉ/OSTÉO À L’AISE DANS L’EAU

Pour parler du rapport au sport lors de douleurs chroniques ou de blessure, nous avons rencontré Thibaud, passionné de sport, sur la table de massage comme dans l’eau !

Je suis Sport Leader national des sports subaquatiques chez DECATHLON Belgique et dans le même temps, cela fait 10 ans que j’exerce le métier de kiné et d’ostéopathe à mi-temps. Plus précisément je suis kiné du sport : je ne travaille qu’avec des sportifs ! J’ai été kiné d’une équipe de rugby de première division pendant 5 ans et je suis aujourd’hui le kiné de l’équipe nationale d’ultimate frisbee.”

Apnée subea decathlon

SPORT ET DOULEURS CHRONIQUES

Un parcours et une formation qui lui permettent donc de travailler avec des sportives et des sportifs au quotidien et aussi de se rendre compte de l’évolution de l’approche des douleurs chroniques.

La douleur chronique, c’est un sujet encore un peu en balance douleur dans le monde médical. Ça reste assez subjectif, comme la notion de douleur en général, forcément. Il y a pas mal d’études, mais pas grand chose au niveau officiel.

En effet, les différentes formes de douleurs chroniques restent à l’heure actuelle encore floues dans leur diagnostic. Un constat qui ne masque cependant pas leur réalité au quotidien, ni les bienfaits de l’activité physique face à ces douleurs.

Oui, c’est vrai que j’ai 2 ou 3 patientes qui ont des douleurs chroniques, surtout au niveau du dos, des épaules, des jambes. Face à ça, on sait que l’activité physique a un rôle important. Rester actif, cela veut aussi dire marcher, prendre les escaliers plutôt que l'ascenseur. Grâce à l’activité physique, on remet tout le système cardio vasculaire en route.

Même en cas de douleurs, l’activité physique a donc un effet au quotidien, notamment sur les muscles :

Le système cardio-vasculaire a un peu un rôle de ‘transporteur’: il permet à la fois d’évacuer les déchets et d’apporter des nutriments aux muscles. Plus on bouge, plus on se régénère !

DOULEURS ARTICULAIRES : QUE FAIRE ? 

Une autre gêne au quotidien concerne les douleurs non pas musculaires mais articulaires. Là aussi, Thibaud nous explique les bienfaits du sport de manière imagée :

Un autre problème fréquent concerne les douleurs chroniques aux articulations. C’est souvent le cas chez les personnes âgées ou en surpoids. Ici aussi, l'activité physique a un effet bénéfique : l'articulation doit fonctionner pour s'améliorer. C’est un peu comme une éponge : il faut d’abord la serrer pour qu’elle puisse absorber de l’eau à nouveau. L’articulation doit être mise en mouvement avant de pouvoir récupérer les nutriments.

Une activité physique qui est donc bénéfique, mais tout en douceur :

On va donc privilégier une activité très douce, comme la natation ou l'aquagym par exemple. Dans l'eau, notre corps flotte grâce à la poussée d'Archimède. Nos articulations et nos muscles ne doivent déjà plus supporter notre propre poids corporel. Ils vont pouvoir fonctionner en toute souplesse et légèreté sans créer de micro-chocs et donc de douleur.

ultimate frisbee

SPORT ET BLESSURE : COMMENT REPRENDRE ?

Un autre cas de figure classique dans le rapport entre le sport et la douleur concerne la reprise de l’activité physique après une blessure. Bien souvent, la rééducation et la reprise se font à l’aide d’un spécialiste et doivent surtout se concentrer sur les bases de la pratique.

Pour la reprise du sport après une blessure, la première chose c’est de suivre les conseils de son spécialiste. Et surtout il faut bien écouter son corps, commencer par du basique. Je dis souvent que reprendre le sport, c’est comme construire une pyramide : pour arriver jusqu’à la pointe, il faut une base solide. C’est tout bête, tout plat mais il faut commencer par là.

Une reprise qui se fait donc pas à pas et avec précaution, mais qui permet d’éviter les rechutes et d’aller plus loin ensuite.

Quand on a eu une entorse, ou un plâtre suite une fracture, et qu’on reprend la course par exemple, c’est important de ne pas aller jusqu’à la limite. On s’arrête à 15 minutes même si ça va bien. C’est ce qui permet de courir 20 minutes plus tard. C’est important d’écouter son corps et son spécialiste. Si le corps émet une douleur, c’est qu’il y a une raison. Donc on stoppe cette activité-là et on baisse d’un cran.

UNE REPRISE PHYSIQUE… ET MENTALE

Mais lorsque l’on revient de blessure, les paliers à franchir pour retrouver ses capacités ne sont pas que physiques. L’appréhension face à la douleur ou face au souvenir de la blessure est la première étape à dépasser pour retrouver les joies du sport.

L’appréhension lors de la reprise, c’est ce que je vois tous les jours dans mon métier de kiné et c’est du 50/50 entre le travail physique et mental. Le corps est régi par le cerveau autant que l’inverse. Quand on fait une rééducation, c’est aussi une reprogrammation du cerveau pour se dire ’Ok, je peux faire ce geste et on peut passer à l’étape suivante’. C’est vraiment le temps et l’absence de douleur qui vont permettre de progresser.

Eh oui, la première étape lors de votre reprise du sport est donc de faire confiance à votre corps et de vous libérer mentalement.

Arrivé à la moitié de la rééducation, on s’occupe vraiment davantage de l'appréhension plutôt que du traitement physique. Et c’est seulement une fois qu’on a confiance dans son articulation qu’on peut augmenter la charge physique.

Une fois ce premier défi mental relevé, il est temps de retrouver la pratique sportive de manière très progressive.

Pour la majorité des blessures, on va toujours privilégier la natation mais avec des mouvements dans l’axe : du crawl, du dos crawlé. La natation est géniale car elle permet de mobiliser tout le corps sans le stresser. Ensuite, on peut passer au cyclisme, où là aussi on subit moins son poids, il y a peu de traumatismes pour les articulations. Puis on passe à la course.

Une reprise qui suit une progression basée sur l’intensité mais aussi et surtout sur l’absence de contrainte pour le corps :

La marche à suivre, c’est de commencer par enlever le maximum de contrainte. On débute avec les sports où on allège le poids et où on réalise des mouvements dans l’axe du corps. Les changements de direction viennent seulement ensuite, puis les contacts pour certains sports.”

 

En cas de douleurs chroniques comme en cas de retour de blessure, le sport a donc beaucoup à vous offrir. A condition de bouger à votre rythme et d’écouter votre spécialiste !

HAUT DE PAGE