SPRINT ET FOND : LA GESTION DE COURSE

En natation, une distinction de plus en plus forte est faite entre sprinteurs et fondeurs. Bien que les efforts fournis pour un 100 mètres et un 1 500 mètres soient tous deux colossaux, la manière de les gérer pour la majeure partie des nageurs, est totalement différente, voire opposée. Ces différents types de nageursprésentent des caractéristiques physiques et psychologiques différentes qui peuvent influencer leur manière d’aborder et de gérer leur course.

Mais attention ! En natation, même si la dissociation entre sprinteurs et fondeurs est présente, cela ne veut pas dire que certains sportifs ne sont pas bons, voire excellents, dans ces deux types de distance.

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LA NAGE DE SPRINT

Ce que nous appelons communément le sprint en natation, sont les courses de 50 et 100 mètres, que ce soit en papillon, en dos, en brasse ou en crawl.

 

AVANT LA COURSE :

Le concept de « gestion » de course commencent d’ores et déjà avant celle-ci, lors de la préparation psychologique du nageur. Un sprinteur est soumis à une extrême tension puisqu’il est conscient que sa course doit être préparée au millimètre près, et qu’il n’a pas le droit à l’erreur.

D'autre part, un sprinteur sera généralement plus démonstratif qu’un fondeur, afin de tenter de déstabiliser psychologiquement ses adveraires. Sans rentrer dans le jeu des caricatures des sprinteurs bodybuildés, tatoués avec un regard de guerrier faisant claquer leurs muscles, ce type de nageurs aura tout de même tendance à vouloir impressionner ses concurrents.

 

PENDANT LA COURSE :

Le sprinteur sait que la récompense de tous ses entraînements reposent seulement sur quelques secondes d’effort. La course est millimétrée et le nageur se doit d’être au maximum de ses capacités du début jusqu’à la fin.

Le nageur doit tout d'abord se propulser efficacement pour se dégager du plot de départ avec vitesse et entrer dans l’eau le plus rapidement possible. Le sprinteur doit être le plus hydrodynamique possible et réduire son opposition avec l’eau.

On remarque donc notamment que les sprinteurs ont tendance à faire de longues coulées dynamiques pour préserver leurs membres supérieurs au maximum, tout en maintenant la vitesse gagnée lors du plongeon.

Durant la nage, le nombre de respirations est largement diminué afin de garder la tête droite et le corps dans l’axe. Sur 50 mètres papillon ou crawl par exemple, certains sprinteurs ne respirent même pas.

La fréquence de mouvement des bras et des jambes est très grande mais ne doit en aucun cas réduire l’amplitude du mouvement ou diminuer les appuis sur les masses d’eau.

En sprint, on notera que les quinze derniers mètres sont déterminants. C’est à ce moment là que la différence entre les nageurs se crée le plus fortement, juste avant la touche finale à ne pas négliger !

nageur s'entainant pour la nage de fond
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LA NAGE DE FOND

En natation, le fond regroupe en général le 800 et le 1 500 mètres. On parlera plus précisément de demi-fond pour les 200 mètres et 400 mètres.

 

AVANT LA COURSE :

Majoritairement, les fondeurs n’abordent pas les courses de la même manière que les sprinteurs. Outre l’effort mental de préparation de la course qui, comme pour les nageurs de sprint, revient à s’imaginer la course encore et encore, le fondeur aura une vision de la chose bien plus stratégique.

Chez les fondeurs le mental n’intervient pas souvent avant la course pour impressionner, mais bien pendant la course pour surpasser leur souffrance. Pour eux, le mental c’est « tenir » et « persévérer » !

 

PENDANT LA COURSE :

Le fondeur, à l’inverse du sprinteur, ne doit pas « lâcher les chevaux » dès sa sortie du plot de départ. Au contraire, il se doit d’en garder sous le pied. Lors d’une course de fond, une stratégie est mise en place et chaque concurrent épie ses adversaires.

Le nageur a tout intérêt à s’économiser, surtout au niveau des membres inférieurs (très énérgivores), pour créer la différence sur la fin de course et espérer déstabiliser et peut-être distancer ses concurrents.

À noter que certains nageurs de fond privilégieront un début de course rapide pour fragiliser leurs concurrents, les induire en erreur ou les pousser dans le « rouge ».

En clair, outre des caractéristiques physiques différentes  se trouvant dans la composition même de leurs muscles, les sprinteurs et fondeurs ont également un fonctionnement psychologique différent.

Finalement, les sprinteurs pourraient être comparés à des lions en cage qui ne demandent qu’à être libérés alors que les fondeurs seraient des guerriers prêt à se lancer dans une bagarre longue, rude et éprouvante.

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