SARAH - "BOUGER A SON RYTHME ET A SA MANIERE"

Body Positivity & Fitness

Sarah - Photo de Morgane Gielen

La tendance 'body positivity' a révolutionné les cabines d'essayage jusqu'aux salles de sport, un mouvement de société jamais égalé auparavant en matière de confiance en soi. Quiconque, auparavant, n'entrait pas dans un schéma traditionnel a finalement eu, ces dernières années, le dernier mot au sujet de son propre corps. Ce changement de perception a-t-il changé les mentalités dans le monde du fitness et du bien-être? Lyna, Leen, Joanna, Romy et Sarah sont cinq femmes sportives, fières de leur corps. Chacune d'elles nous rapporte sa perception de son corps et de ses ambitions sportives.

"OUTRE LA PRESSION QUI VOUS DICTE À QUOI VOUS DEVEZ RESSEMBLER, IL Y A AUSSI LES CHOSES À FAIRE ET NE PAS FAIRE SUR LA FAÇON DE BOUGER SUR LA MUSIQUE"

SARAH EST DANSE-THERAPEUTE, COACH DE MOUVEMENTS ET SUIT DES COURS DE PILATES ET DE YOGA

HONTE SUR LA PISTE DE DANSE

Il y a deux ans, j'ai commencé comme danse-thérapeute et thérapeute du travail corporel. Aujourd'hui, je me concentre plus spécifiquement sur la composition individuelle de danses d'ouverture pour les couples qui vont se marier. Je propose des séries de cours qui impliquent le travail du corps, la danse et la thérapie par le mouvement. En cela, je veux mettre l'accent sur la liberté de mouvement, que chacun ressent à sa manière, selon ses propres impulsions. Contrairement à tout ce que l'on vous apprend dans une école de danse traditionnelle, je veux que mes élèves bougent librement, sans être obligés de me suivre. Je souhaite ainsi leur donner l'occasion de découvrir leur propre corps. 

C'est frappant comme la danse peut, pour de nombreuses personnes, être source de honte et d'inconfort. Et je peux le comprendre. Il existe déjà tellement de pression sur ce 'à quoi votre corps doit ressembler', ajouté à ce qu'il faut faire et ne pas faire sur la manière de bouger sur la musique. Je veux casser cette image. ‘Il faut bouger à son rythme et à sa manière’ .

Bien que j'aie commencé la danse à l'âge de trois ans, cela ne fait que cinq ans que je bouge de manière authentique. J'ai appris la méthodologie lors de ma formation de danse et de thérapie de mouvements. J'ai appris à suivre mes propres impulsions, mais j'ai aussi appris à les découvrir et les apprécier chez les autres. C'est fantastique de voir le résultat. Vous voyez tout à coup les gens grandir et s'épanouir dans toute leur pureté. 

Sarah - Photo de Morgane Gielen

"La danse est mon exutoire, sans elle, je serais malheureuse!"

BOUGER AU RYTHME DE LA VIE

 

J'ai beaucoup changé au cours de ces quatre dernières années, pas seulement physiquement, mais aussi mentalement, je suis passée de la jeune femme à la maman et à la femme. Je pratiquais la danse de haut niveau, 7 heures par semaine, avec des shows et des spectacles mais ma routine a bien changé au cours de ma grossesse et après l'accouchement. Quand je ne bouge pas, je cogite beaucoup dans ma tête, et moins dans mon corps. Bouger, même si ce ne sont que de simples exercices de stretching en musique, me ramènent à mon corps. Ce n'est qu'à ce moment-là que je me reconnecte à mon corps et que je peux travailler mes émotions et mieux me recentrer. La danse est mon exutoire, sans elle, je suis malheureuse. C'est avec cette idée que j'ai voulu réveiller mon corps et que j'ai donc cherché des alternatives.~Il était évident que je ne me sentais plus à l'aise dans une école de danse traditionnelle. Je me suis retrouvée dans une classe où le niveau était trop élevé et, à 31 ans, je n'avais plus d'autre choix que de danser avec des élèves de 16-17 ans. Ou suivre des cours de danse pour adultes où le niveau était trop bas et où j'allais m'ennuyer. En raison des entraînements intensifs du passé, j'ai soudain senti que mon corps était dépassé. Mes genoux me faisaient souffrir, mes muscles se raidissaient plus vite, j'avais besoin de plus en plus de temps pour m'échauffer et m'assouplir, j'étais plus vite essoufflée... Je craignais de ne plus me trouver à ma place jusqu'à ce que je découvre des cours de danse comme 'La Danse des 5 Rythmes' ou 'Authentic Movement' où je me suis à nouveau sentie à l'aise, à mon niveau, sans devoir participer à des spectacles!

 

Sarah - Photo de Morgane Gielen

"C'est mon corps et je me sens bien"

TENDRE AVEC MOI-MÊME

Pendant ma grossesse, j'ai suivi des cours de yoga. Au cours de ces leçons, j'étais souvent confrontée à moi-même. ~Je ressentais mon corps, mon ventre, mes ‘bourrelets’. Parfois, je me disais ‘s'ils n'étaient pas là, je pourrais en faire plus’. ~Heureusement, au yoga, on fait ce qu'on peut. Et aujourd'hui, mes 'bourrelets' me disent jusqu'où je peux aller.~Le yoga m'aide à être tendre avec moi-même, mais il m'arrive encore de passer à côté des choses.~~Prendre du poids reste une chose difficile, néanmoins, j'arrive à accepter mon nouveau corps. ~Il m'arrive de me frotter le ventre et de penser,‘oui, c'est moi, c'est mon corps, et je me sens bien.’~A d'autres moments, j'ai honte et je me rends compte que je cache mon corps sous des vêtements plus amples. ~La mentalité du 'body positive' est arrivée au bon moment pour moi. De nos jours, l'accent se porte principalement sur les ‘courbes’ mais je constate que les nouveaux mannequins, malgré leurs rondeurs, ont le ventre plat. Cela me dérange encore, c'est pourquoi je suis ici, devant l'objectif, pour me donner un ‘petit coup de pouce’. Pour moi, la 'body positivity' consiste principalement à accepter son corps qui est en constante évolution avec notre vie.~On attrape des rides, des cheveux gris, le ventre s'arrondit et se chiffonne, c'est juste parce que l'on prend de l'âge et que l'on devient femme, et ça, c'est beau en soi.~~Bien que j'ai le sentiment que bouger reste un créneau, je me sens bien. J'espère que l'acceptation de soi deviendra la norme, tant dans la vie quotidienne que dans le monde de la mode et des médias. Afin que mon corps, mon ventre et bientôt, mes rides, soit acceptés tels qu'ils sont. ~ 

 

Sarah - Photo de Morgane Gielen

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