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UN CADEAU SPORTIF PEUT CHANGER UNE VIE: 
JULIE VANLOO

Un jour, vous recevez votre premier ballon de basket. Quelques années plus tard, vous passez à un souffle d’une médaille olympique. Cela semble inconcevable, mais pour la Belgian Cat Julie Vanloo, c’est la réalité.

Julie Vanloo

Dans cette interview, Julie nous raconte avec plaisir et fierté comment son obsession pour les ballons et le soutien de ses parents l’ont menée là où elle est arrivée aujourd’hui.

QUE RECEVAIS-TU EN CADEAU QUAND TU ÉTAIS ENFANT ?

“J’ai toujours voulu des ballons, peu importe lesquels. Un ballon d’un club de foot, une ballon avec un personnage de dessin animé… Tant que c’était un ballon, ça m’allait. En général, j’aimais de toute façon recevoir « des trucs de garçon ». Des petites voitures, un skateboard, une trottinette. Des cadeaux avec lesquels je pouvais jouer à l’extérieur, surtout. Une fois, lors d’une fête d’anniversaire, j’ai reçu deux poupées Barbie et des parfums. J’ai commencé à pleurer car ce n’était pas le genre de cadeau qui me rendait heureuse. Depuis, ma maman m’a appris à faire semblant d’être contente quand je reçois un cadeau que je n’aime pas vraiment (rires).”

Un cadeau sportif peut changer une vie: Julie Vanloo

LES CADEAUX TRADITIONNELS POUR LES FILLES, CE N’ÉTAIT DONC PAS TON TRUC…

“Non, absolument pas. Ça ne m’intéressait pas vraiment. J’avais juste une obsession pour les balles, qui allait assez loin en fait. J’habitais juste en face d’une école et chaque soir, je me promenais avec mon père à la recherche de ballons qui auraient pu finir dans les buissons. Au bout d’un moment, notre jardin était rempli de balles qui venaient de cette école. On peut donc dire que ma passion pour les sports de ballon s’est manifestée très tôt.”

Un cadeau sportif peut changer une vie: Julie Vanloo

À QUEL ÂGE AS-TU REÇU TON PREMIER BALLON ?

“J’avais 3 ans, je pense. Et ma première balle de basket est arrivée à peu près un an plus tard. À l’âge de 4 ans, je jouais déjà au basket. Ma mère s’est vite rendu compte qu’à la maison, je dribblais avec toutes sortes de balles et que je les lançais au hasard. Mes parents m’ont donc inscrit dans mon premier club et depuis, je n’ai plus jamais arrêté de jouer au basket.”

On peut donc dire que devenir basketteuse pro était un rêve d’enfant ?

“En fait, oui. Mais le football a toujours été une grande passion pour moi également. Je rêvais aussi de jouer avec l’équipe féminine du Club de Bruges. Pendant l’été 2020, j’ai pu m’entraîner avec cette équipe, c’est donc un autre rêve qui se réalisait. C’est le fil conducteur de ma vie: si je veux vraiment réaliser quelque chose, je fais tout pour y arriver."

Qu’en pensaient tes parents ? Ils t’ont soutenue, poussée dans cette voie-là ?

“Poussée, certainement pas. Mon papa était gardien de but dans une équipe de café. Je suis allée le voir une fois et il a encaissé 12 buts. Tout ça pour dire que mes parents n’avaient pas du tout l’esprit de compétition. J’ai essayé de nombreux sports. J’ai fait de la gymnastique, de l’athlétisme, du saut à la corde, de la natation, du trampoline… Je voulais tout essayer, mais rien n’était aussi amusant que le foot et surtout le basket. Mes parents m’ont laissé beaucoup de libertés pour que je puisse tout découvrir. Ils ont aussi vu que j’avais du talent et que j’adorais jouer au basket. Alors, ils m’ont totalement soutenue. À 8 ans, j’ai intégré les Blue Cats de Ypres, qui était alors le meilleur club de basket féminin en Belgique. Philippe Mestdagh (NDLR: Qui deviendra plus tard son coach chez les Belgian Cats) y était entraîneur de l’équipe première… Les études et moi, ça n’allait pas bien ensemble, mes parents l’ont vite compris. Alors, j’ai reçu un soutien total de leur part dans ma pratique du basket. Je leur dois tout. Sans eux, je ne serais pas là où je suis aujourd’hui.”

Sportieve cadeaus kunnen levens veranderen: Julie Vanloo

À partir de quel moment as-tu pensé qu’il était possible d’atteindre le niveau international ?

"Très jeune, j’ai reçu ma chance avec l’équipe nationale. Donc je me doutais que, quelque part, c’était possible. À 15 ans, je faisais déjà partie des Belgian Cats, j’ai commencé à obtenir du temps de jeu. J’ai donc vite senti que je pouvais percer. Je voulais vraiment en faire mon métier. Aussi parce que les études ne me plaisaient pas du tout. Alors, j’ai continué à travailler dur et à me concentrer sur le basket. Je ne sortais pas. C’était basket, basket, basket… Et aussi un peu de foot à l’école."

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Tu parles souvent de football. Pourquoi avoir choisi le basket, finalement ?

“C’est une histoire amusante, en fait. Pendant trois ans, j’ai aussi joué au football avec les garçons, à Ypres. C’est le frère de Philip Mestdagh qui était mon entraîneur. Tout s’est donc terminé par un bras de fer entre les deux frères. Philip ne voulait pas que je joue au football, car il pensait que j’étais vraiment douée pour le basket. Finalement, j’ai suivi son conseil. Il m’a fait jouer dans l’équipe première des Blue Cats de Ypres quand j’avais 14 ans. Grâce à lui, je suis passée pro à 18 ou 19 ans."

As-tu un rêve ultime au basket ?

“Je m’épanouis dans le sport de haut niveau. Je suis très heureuse, car je fais ce que j’aime faire et ça a toujours été le plus important pour moi. Jouer en EuroLeague ou en WNBA, toutes les joueuses en rêvent. Mais je n’y pense pas trop. Avec les Cats, nous voulons aller chercher une médaille à la Coupe du monde l’été prochain et pourquoi pas aux Jeux olympiques de Paris en 2024. Nous avons prouvé à Tokyo que c’était loin d’être impossible.”

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Grâce à vos performances, l’intérêt des médias pour les Cats - et le basket féminin en général- a considérablement augmenté...

“J’en suis vraiment heureuse et je pense vraiment que nous le méritons. Nous avons travaillé pendant des années pour être à ce niveau. L’attention augmente, les sponsors se montrent plus intéressés, nos matches sont rapidement sold-out. Nous inspirons les plus jeunes. Je pense que nous pouvons en être fières.”

Quels conseils donnerais-tu aux parents dont l’enfant veut faire du sport ?

“Laissez votre enfant être libre autant que possible. Laissez-le découvrir et ne lui mettez pas la pression. Soutenez-le avant tout. N’essayez pas de lui dire comment il doit faire, c’est à cela que servent les entraîneurs. Il est plus important de souligner que s’il fait de son mieux pour obtenir un résultat et qu’il donne tout, il ne pourra pas avoir de regrets par la suite. C’est ce que mes parents m’ont toujours dit: “Tu as fait de ton mieux, donc tu n’as rien à te reprocher.” Ne poussez pas votre enfant. Les 15 premières années doivent être consacrées au plaisir. Puis à partir de là, l’enfant pourra décider lui-même s’il est suffisamment bon pour passer à la vitesse supérieure. Mais la notion de plaisir reste la chose la plus importante.”

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